Sujet
 



Ohtar a écrit:

Je regardais avec stupeur l'île se scinder et basculer au coeur des flots en furie dans un fracas titanesque. Des malheureux se précipitaient sur les quais avant de plonger pour tenter de rejoindre nos navires. Mais l'eau engloutie par l'abîme les entrainait inexorablement tandis que l'assourdissant tumulte des vents rageurs couvrait leurs derniers cris.

39 jours s'étaient écoulés depuis que l'armada d'Ar-Pharazon avait fait voile vers Valinor. Rien n'avait pu le dissuader de prendre d'assaut le Royaume Béni pour conquérir l'immortalité : ni le nuage d'orage qui avait plongé l'île et le visage des hommes dans la rougeoyance crépusculaire, ni la foudre qui s'était abattue sur le temple érigé par Sauron, ni le tremblement de la terre en colère.

Lors du départ les Hommes du Roi étaient venus chercher mon capitaine pour l'offrir en sacrifice et contraindre son équipage à venir grossir le rang des esclaves actionnant les rames de l'immense flotille royale.
Avertis à temps, nos navires s'étaient éloignés de quelques encablures et avaient dû rester au large, réapprovisionnant en secret à la faveur de la nuit.
C'est du large à présent que nous contemplons la glorieuse Númenor sombrant. Bientôt nos navires seront à leur tour emportés par l'immense masse d'eau se précipitant dans le gouffre. La fin est sur nous.

Mais voici qu'un vent d'ouest puissant se lève...

 



   


[HRP : bientôt en jeu (deuxième trimestre 2008)
musique : Kenji Kawaï - Emiya (Fate Stay Night O.S.T.]

Dernière modification par Maithand (2/04/2008 20:14)



La chaleur accablante promettait un été lourd et sec cadencé d'orages brefs et tonitruants. Hypothèse que ne démentait pas le bourdonnement incessant des mouches attirées par la carcasse d'un sanglier mort dans la combe non loin. Adossé contre l'épais tronc d'un arbre le protégeant du soleil, un homme attendait tranquillement, observant de temps à autre l'horizon flou en direction du Chemin Vert.

C'était la première fois qu'il revenait dans le Pays de Bree depuis l'affaire des armes livrées au chef gobelin des Landes d'Etten. L'agitation autour de cet épisode était retombée, même si le souvenir en restait vivace dans certaines mémoires et conversations d'auberge. L'homme se massa le menton, grimaçant par habitude tandis que la douleur du coup qui lui avait été porté s'était estompée depuis longtemps.
Un jour il remettrait les pendules à l'heure sur le sujet, mais pour l'instant il avait d'autres projets. Un moyen bien plus simple et rapide qu'une délicate livraison d'armes pour se faire de l'argent. Il n'en avait plus besoin depuis longtemps, mais ne pouvait s'empêcher de relever toujours le défi de l'aventure. Eternel joueur, remettant sans cesse la mise jusqu'à tout perdre ou tout gagner...



L'homme releva la tête puis se redressa avant de cracher une chique et d'esquisser un sourire. Lui revenaient en mémoire la course-poursuite dans les Hauts et surtout le ballet des corps avec cette fille de ferme - comment s'appelait-elle déjà ? Peu importait, après tout. Il la retrouverait peut-être ce soir : il avait rendez-vous avec le Serment de Carn Achagh.

Dans le cimetière abandonné non loin de Bree, un homme attendait tandis que la course du soleil s'inclinait vers le crépuscule. Il était revenu pour mettre la main sur un objet particulier et enrôler d'anciens alliés de circonstance. Le Serment de Carn Achagh allait de nouveau répondre à l'appel du Limier...


[HRP : bientôt en jeu...
- musique : Ennio Morricone - For a Few Dollars More
- image : SDAO]

Dernière modification par Limier (21/06/2008 20:45)



"- J'vais t'péter la tronche et t'arracher la barbe.
- C'est ça...et garde-là, tu s'ras p't'être moins moche avec.
- Bon les gars, on y va ?"


Les soirs de semaine les rues de Bree sont arpentées par une faune hétéroclite : des ouvriers agricoles rentrant des champs, des femmes revenant des courses, des bandes de gamins jouant, quelques chiens jappant ou dormant sur des parvis, des voyageurs de passage en quête d'une auberge ou d'une nouvelle monture, des commerçants regagnant leur logis, des jouvenceaux partant compter fleurette, la ronde de nuit du guet qui se met en place, des ivrognes cherchant un troquet et des sans-abris un lieu où dormir, des couples battant le pavé lors de leur promenade du soir où ils parlent de tout et de rien.

" - On f'rait mieux d'pas rester tous derrière cet arbre, c'fait louche
- Quoi, tu veux t'cacher au milieu de la rue ?
- Y a le rocher sinon...
- Laissez tomber, j'ai un plan."


Il arrive aussi de voir débarquer en ville des groupes dont l'étrange attitude attire de suite les regards. Ainsi en est-il ce soir de cette troupe de quatre hommes et une femme qui tente vainement de se cacher derrière un bouleau. Ils semblent sur le point de se disputer, mais quittent finalement leur cachette ridicule et avancent avant de se séparer au premier croisement, non sans attirer l'attention suspicieuse d'un passant qui les suit jusqu'à la promenade des érudits.





"J'vais passer d'vant, avec les frusques que j'ai piquées au maraîcher, vont croire qu'j'suis un riche et honnête marchand
- P'tain balaize, ça marche, la ronde c'est pas arrêtée.
- La classe...
- Merde elle revient !
- On s'casse."

Le passant intrigué découvre au cours de sa filature que le groupe se reforme au niveau de la bibliothèque. Pendant que l'un d'eux entretient le bibliothécaire d'un grotesque projet de ferme-auberge et de livres techniques sur la culture de plantes étranges, un autre monte la garde et le reste du groupe farfouille dans les parchemins. Alors qu'ils sont sur le point de partir en ayant trouvé ce qu'ils cherchaient, ils sont questionnés par le passant.

" Vous inquiétez pas, j'suis du guet. C't'un..euh...l'Veilleur-Chef m'a envoyé chercher des papiers.
- Le guet t'a r'pris ?
- La ferme, cours."


Il se passe ainsi parfois des choses étranges dans Bree les soirs de semaine : un groupe de quatre hommes et une femme qui détalent dans les rues, pressés de quitter la ville comme s'ils avaient l'Angmar aux fesses. Une équipe de petites frappes qui ne mériterait même pas qu'on s'y attarde...si elle n'allait pas remettre le fruit de son larçin à un personnage de sinistre réputation. Cela présageait une affaire plus importante qu'il n'y paraissait...





[HRP crédits
- musique : Seatbelts, The Egg and I (Cowboy Bebop O.S.T.)
- images : SDAO]

Le vieil homme soupira tandis qu'il se délectait d'un agréable bain de pieds après une journée harassante et riche en émotions. Il était arrivé à la bibliothèque des érudits pour commencer l'étude de cet inestimable parchemin merveilleusement conservé depuis plus de dix siècles. L'oeuvre d'un artisan de talent tel qu'il ne s'en trouvait certainement plus dans tout l'Eriador. Malheureusement le parchemin n'était plus à sa place, et tandis que le vieil homme s'évertuait à le chercher partout en se demandant où il avait filé, un jeune homme tout à fait poli, par ailleurs capitaine du Pays de Dale, s'était présenté.
Le capitaine venait faire part de l'attitude suspecte qu'il avait remarquée deux jours plus tôt en observant un groupe de pauvres hères gesticulant dans la bibliothèque. Les deux hommes avaient fini par déduire que ce curieux groupe avait volé le parchemin, bien que la raison de ce délit leur échappât. Ils se mirent en route de concert vers le guet de Bree, l'un en tant que plaignant, l'autre en tant que témoin.

Sur place ils furent accueillis par la diligente et efficace Isobel Clairfaucon qui, après avoir démêlé l'histoire racontée par les deux hommes, organisa la Compagnie du Roseau Blanc en plusieurs patrouilles sillonnant les rues de Bree, d'Archet et de Combe à la recherche d'indices, de témoignages ou avec un peu de chance d'individus correspondant à la description du témoin.
Il se passa peu de temps avant que du grabuge à l'Auberge de Combe n'attire l'attention : les Caravaniers connaissaient quelques difficultés avec certains de leurs clients, par ailleurs habitués du lieu et qui venaient régulièrement perturber la bonne tenue de l'établissement. Il s'avéra d'après le témoin du vol que ces fauteurs de trouble et les voleurs de l'avant-veille formaient le même groupe.




La situation faillit plusieurs fois dégénérer et les gens du Roseaux n'avaient pas hésité à user de violence pour contraindre les récalcitrants. Même les femmes furent molestées, et le petit groupe fut vite maitrisé malgré sa morgue. Après un interrogatoire serré où il fut découvert qu'ils avaient été embauchés par le Limier pour voler le parchemin, les malandrins furent menés en prison non sans quelques péripéties supplémentaires.





L'émoi suscité à l'auberge par cette affaire avait fait oublier le membre de l'association breearde, qui n'eut qu'une barde à l'oreille compréhensive pour écouter l'histoire de ce parchemin et de ce qu'il contait. Récit qu'il fit aussi plus tard à un Roseau perspicace, à qui il donna une copie de ce fameux parchemin. L'érudit avait promis d'envoyer ses propres conclusions quant à ce récit, les mêmes qu'il avait expliquées à la barde et au soldat. A présent que le courrier était parti, le vieil homme profitait pleinement de son bain de pieds en soupirant d'aise.

Citation

Copie du pachemin volé, remise à Landryt Mandragoran :

Je ne sais à quoi songe ma Dame. Elle a finalement rabattu le rideau de sa cariole après avoir silencieusement regardé les plaines de Dagorlad longées par le convoi. Je n'ai plus vu son visage depuis, et ne sait s'il a gardé les traits de la résignation. Que pense-t-elle de ce Roi qui l'attend au nord pour l'épouser ? De l'aveu de sa gouvernante la princesse ne conçoit ni peine ni joie, nourrissant simplement l'espoir de voir renaître de cette alliance la grandeur tant de l'Arnor que du Gondor, peut-être enfin réunis depuis le temps lointain d'Elendil.

L'espoir est-il seulement permis ? Le Roi Calimehtar a repoussé pour un temps les Gens-des-Chariots mais ils restent nombreux aux franges du royaume, faisant planer une menace constante sur l'Ithilien.
Il est dit que dans le nord lointain le Roi-Sorcier ne cesse d'étendre son influence depuis la partition de l'Arnor, et que déjà le Rhudaur et le Cardolan sont tombés sous sa coupe. Que reste-t-il de l'Arthedain dont ma Dame va épouser le destin ?

J'aurais tant aimé rester près de l'Anduin dans les vertes forêts de l'Ithilien, à veiller sur ma Dame et à protéger le royaume qui m'a vu devenir homme. Au lieu de cela je m'avance vers un avenir incertain, n'ayant même plus les sourires de ma Dame pour éclairer mes pas. Le Roi Ondoher n'a pas manqué de fournir une dot précieuse, allant même jusqu'à envoyer ce mystérieux artefact orné de sept joyaux dont on dit qu'il a assuré la suprématie des Rois Navigateurs sur les Corsaires d'Umbar. Peut-être donnera-t-il la victoire au Roi Arvedui contre l'Angmar...

Pourtant le plus précieux des présents reste ma Dame Firiel, et une sourde angoisse étreint mon coeur, comme si l'espoir de la lignée d'Elendil allait s'enfermer à Fornost Erain et y être ensevelli.

 

   


Citation

Note remise au guet à l'attention de la capitaine Clairfaucon

La dame Firiel était la fille du dernier roi du Gondor, et promise à Arverdui d'Arthedain. Ce mariage faisait renaître l'espoir d'un rapprochement entre le Gondor et les restes de l'Arnor. Quelques années plus tard, cet espoir faillit se concrétiser tandis que le dernier roi du Gondor trouvait la mort et qu'Arverdui réclamait le sceptre de par son mariage. Malheureusement, à cette époque l'Arnor n'existait plus. Le Cardolan et le Rhudaur étaient tombés sous la coupe du Roi-Sorcier tandis que l'Arthedain n'était plus que l'ombre de lui-même. Arverdui n'était pas en mesure d'imposer ses prétentions. Peu de temps après, le royaume d'Arthedain disparut à son tour.

Le texte qui a été volé date de 1939 ou 1940. Il a été rédigé par un capitaine de la garde de Firiel tandis que la future Reine monte rejoindre son époux. De ce que j'en sais le Limier n'est qu'un vulgaire marchand, l'immense valeur historique de ce parchemin l'intéressera moins que l'allusion à l'artefact aux sept joyaux. La première indication connue de cet objet date de la période des Rois Navigateurs régnant sur le Gondor.
Ce royaume était alors en guerre contre les corsaires d'Umbar, qu'il finit par vaincre. Des épopées naquirent alors dans la bouche des bardes d'Umbar, assurant que les Rois Navigateurs disposaient d'un artefact puissant leur assurant la victoire. Je vous ai joint un exemple de ces élucubrations.

Je pense que cet artefact était tout simplement une couronne ou un diadème, peut-être un sceptre et qu'il n'avait de pouvoirs que dans l'imagination des vaincus. Quoiqu'il en soit, après plusieurs péripéties dont je vous épargne le détail, l'artefact revient au Gondor et, comme le texte plus haut le montre, est emmené dans la dot de Firiel.
Si cet objet avait assuré le pouvoir aux Rois Navigateurs, il n'aida guère Arverdui qui fut contraint de fuir en abandonnant son royaume en ruine près de 35 ans après avoir épousé Firiel. Nul ne sait ce qu'est réellement devenu Arverdui, dont la trace disparait dans les étendues glacées de Forochel. Quoiqu'il en soit, si artefact il y a eu, il a certainement été abandonné à Fornost lors de la déroute, et je doute que quiconque se rende là-bas aujourd'hui pour tenter de le récupérer.

 

   
 

Citation

Exemple de texte des bardes d'Umbar au sujet de l'artefact des Rois Navigateurs

Ô toi puissante citadelle parée d'orgueil, ne vois-tu pas ta fin venir ?
N'as-tu pas tiré les leçons de la vanité perdue dans les flots tumultueux ?
Contemple ton Fléau qui s'avance sur ces mêmes flots à présent...
Car le dernier descendant de la lignée des Rois Navigateurs s'approche,
Et il tient en ses mains l'instrument de ton destin.

Il se dresse fièrement à la proue et tient en ses mains les sept éclats qui méneront sa fière armada à ta perte. Peuple d'Umbar, tu le sais mieux que quiconque pour l'avoir enduré lors de la Lutte Fratricide et de la chute de Pelargir : nul ne peut arrêter celui qui possède les sept joyaux, rien ne peut le perdre ou le dévier de sa route.

L'éclat rougeoyant du rubis lui trace un chemin de courage à travers le feu et le sang,
L'éclat bleuté du saphir est tel la voie céleste de la sagesse et de la patience,
L'éclat ambré de la topaze éclaire le sentier de l'inspiration et de la puissance,
L'éclat jaune du béryl ouvre la route du pouvoir et de l'humilité,
L'éclat blanc de la perle confère la santé, la pureté et la résistance,
Les éclats bleu pâle de l'azurite et de la lazulite marquent les repères de droiture et de fidélité.

Ô toi puissante citadelle parée d'orgueil, ne vois-tu pas la fin venir ?
Contemple ton Fléau qui s'avance sur les flots à présent...
Car le dernier descendant de la lignée des Rois Navigateurs s'approche,
Et il tient en ses mains l'instrument de ton destin.
Fuis maintenant car rien n'arrête le Maître des Sept Eclats !

 

 


 

Dernière modification par Maithand (30/06/2008 00:11)

"- Faut être benêt pour voler un bout de papier, pas avec ça que t'achètes un bon gigot.
- Beeen, ma reconnaissance de dettes c't'un bout d'papier et y en a pour un paquet de gigots !
- Ouais, mais personne ne voudrait te la piquer.
- C'pas l'souci. T'as vu le barouf qu'il y a eu l'aut' jour autour de ces zigotos ?
- Et alors ?
- Sûrs qu'ils ont l'air bêtes. Mais paraît qu'ils ont été payés en bel et bon or pour c'parchemin par un prince de l'est.
- Tu devrais pas croire c'que t'raconte ta femme. Puis tu d'vrais pas jouer tous les soirs...
- J'vois pas l'rapport. Puis c'est pas des sornettes : j'ai un pote qui a un cousin dont la femme est blanchisseuse et travaille défois pour la Compagnie du Roseau Blanc.
- Et ?
- Ben paraît que leur capitaine a accordé d'l'intérêt au rapport sur ces zigotos, et qu'elle s'rait entrain de monter une expédition liée au contenu du parchemin. Y a eu des ordres de donnés, et des Roseaux qu'ont commencé à s'mettre en route vers Pont-à-Tréteaux. S'passe un truc, c'est sûr, et paraît qu'y a un foutu trésor à la clé.
- Si les Caravaniers apprennent ça...mais c'pas l'genre du Roseau la recherche d'trésor. Moi j'dis y a autre chose.
- Tu vois qu'ma femme elle ment pas.
- P't'être pas sur c'sujet...
- C'veut dire quoi ça ?"

Clothild a écrit:

Arrivée très tard à Combe Clothild n'avait pas assisté à l'arrestation de la bande de voleurs.

A l'écoute des uns et des autres à l'auberge et surtout de Lisebeth qui était excédée, la bande était une sacré équipe  de bagarreurs.
Il y avait encore eu de la casse et des gens blessés, il avait encore fallu sortir la serpillère au milieu de la soirée,  pour éponger le sang.
Clothild assura un pourboire  conséquent à Lisebeth pour le surplus de travail et alla s'enquérir auprès des caravaniers encore présents d' un complément d'information.

Meneleth, l'Elfe musicienne avait longuement parlé avec un des érudits de l'association Breearde, Monsieur Embrelune, L'Intendante l'avait aperçu une fois, un homme assez amusant dans son genre.
La caravanière Meneleth, avec moult détails narra toute l'histoire et surtout elle parla longuement du document volé par la troupe de voleurs.
Il s'agissait d' écrits très anciens dans lesquels il était fait mention de sept joyaux qui selon toute vraissemblance avaient été abandonné à Fornost.


Le lendemain matin  Clothild devait faire le rapport hebdomadaire traditionel au grand patron:  Ghed Segeron.
Le grand Intendant était d'une humeur de chien galeux, il subissait une crise de goutte féroce, son pied posé sur une chaise était énorme, complètement emberlificoté dans des bandages nauséabonds. Pour distraire la mauvaise humeur de son patron, Hautebonté  lui raconta l'histoire du vol, du manuscrit, des septs joyaux .

Les yeux de Ghed se mirent à briller comme une constellation d'étoiles, il demanda à son Intendante de monter une expédition d'exploration dans les plus brefs délais.
Le profil conquérant,  Ghed se voyait bien devenir chasseur de trésors inestimables.

Elle  le laissa à ses divagations et repris sa tournée habituelle, pour se rendre au Poney, où l'on ne parlait aussi que de vol, de la bande qui était en prison, l'Intendante apprit que Le Limier faisait reparler de lui à cette occasion,  son sang se mit à bouillonner.
Ce sagouin avait menacé les Caravaniers et en particulier Ealwyen, lui damner le pion sur la récupération de ces joyaux semblait une idée plus que réjouissante.  Prosper ajouta même avec un clin d'oeil plein de malice que le bruit circulait que la Baranduin s'intéressait aussi à l'affaire.

Clothild Hautebonté sans perdre une minute,  s'en retourna à bride abattue vers Brombourg  battre le rappel des Caravaniers.



Un simple vol de parchemin dans un bibliothèque de Bree n'aurait pas autant attiré l'attention en temps normal. Mais les voleurs qui s'étaient faits arrêter à l'auberge de Combe quelques jours après leur méfait avaient révélé le nom de leur commanditaire : le Limier. Ce personnage de sinistre réputation ainsi que les explications d'un érudit sur le contenu de ce parchemin avaient suscité tantôt des convoitises, tantôt des envies de justice ou de vengeance.

La capitaine De Baranduin avait rassemblé sa Compagnie pour monter une expédition vers Fornost, lieu supposé cacher en son sein l'artefact mentionné par le parchemin. Il était hors de question de laisser un symbole de pouvoir nùménoréen aux mains de l'Angmar. Mais la Caravane des Vents était également sur l'affaire, poussée par d'autres motifs : la cupidité de son patron Ghed, l'envie de damer le pion aux éternels rivaux du Roseau et la volonté de Clothild de rabattre le caquet au Limier qui avait par le passé menacé les siens.

Dans le même temps, Eothred Isenfold apprenait par la rumeur qu'était à nouveau évoqué le nom du Limier, individu qui faisait enrager le Rohir depuis la première rencontre par missives interposées. L'homme ne comptait pas manquer une chance de mettre la main sur son ennemi.

Sur le Chemin Vert au-delà de Pont-à-Tréteaux, le vieil érudit de l'Association Breearde avançait au rythme de son âne de monte, s'approchant du camp de Micham. Il espérait  botter les fesses à celui qui avait osé voler un parchemin à la valeur historique inestimable, et par la même occasion récupérer cet artefact qui serait un objet d'étude exceptionnel et ferait le prestige de la bibliothèque de Bree.

Pendant que tout ce monde s'agitait, l'intendant des Messagers du Lond Daer pour les Hauts du Nord observait un curieux manège à la Porte d'Evendim, tandis qu'un autre messager s'entretenait avec les rôdeurs surveillant les abords de Fornost Erain.

La chasse commençait...


à suivre...


[HRP crédits
- musique : ?, Josho -Hajimari- (Soukyou no Fafner O.S.T.)]





A Pont-à-Tréteaux, le Roseau se rassembla sous les ordres de Leandor Mithreryn qui exposa les ordres d'Eleane de Baranduin avant de prendre le commandement du groupe et de s'engager sur le Chemin Vert.
Eothred Isenfold, arrivé au village après avoir poussé sa monture au galop, rejoignit la troupe. Au camp de Micham ils retrouvèrent l'érudit de l'Association Breearde qui, entre le récit de deux de ces exploits de jeunesse, commença à leur narrer ce qu'il savait sur l'ancienne capitale de l'Arthedain.





Mais pendant que le Roseau écoutait les informations livrées par le vieux sage avant de remonter vers Fornost en suivant l'allure de l'âne de ce dernier, la Caravane des Vents filait vers les ruines après être partie de Bree. Arrivée au camp des rôdeurs surveillant l'entrée elle tomba sur Dûradan, mystérieux personnage en lien tant avec les rôdeurs qu'avec les Messagers du Lond Daer. Pour des raisons connues de lui seul, le messager accepta de seconder la Caravane dans sa quête, et lui parla de Barad Eithel.





La bibliothèque royale occupait toute une aile de la ville, et abritait à l'époque d'Arverdui tant les parchemins et documents qu'une salle où le roi conservait les objets précieux ou importants de son trésor. Si les Sept Eclats se trouvaient encore à Fornost, ils étaient sans doute restés cachés dans une des niches secrètes de la bibliothèque.
Embrelune savait aussi cela, et il ne manqua pas de l'expliquer au Roseau qui arrivait au camp des Rôdeurs tandis que la Caravane pénétrait dans les ruines gardées par les forces de l'Angmar. L'aile était grande, et ce sont pas moins de quatre groupes qui explorèrent chacun une de ses parties.





Malheureusement tous revinrent bredouille : les Sept Eclats n'étaient plus à Fornost. Le groupe du Roseau mené par Leandor découvrit une note laissée par le Limier les narguant d'être arrivés trop tard, et pendant quelques instants il fut craint que le voleur avait effectivement retrouvé l'objet. Mais un groupe de la Caravane avait appris du gardien vaincu de Barad Eithel que le Limier était également reparti bredouille...
L'arrivée de Borthandir, l'intendant des Messagers du Lond Daer pour les Hauts du Nord, confirma cette impression : il venait informer les rôdeurs qu'il avait repéré un groupe d'orcs sortant de Fornost et escortant un individu basané jusqu'à la porte d'Evendim. Là, l'individu avait rejoint un lossoth et tous deux s'étaient enfoncés dans la région d'Evendim à vive allure il y a de cela quelques heures.





Le vieil érudit ne manqua pas alors de confirmer les intuitions qu'avaient déjà eu certains Caravaniers et Roseaux : il était fort probable qu'Arverdui, le dernier roi d'Arthedain, se soit enfui vers la baie de Forochel avec les Sept Eclats, tout comme il avait emporté deux Palantiri...mais de ce qui lui était arrivé dans les étendues glacées, personne ne le savait exactement. Tant Roseaux que Caravaniers décidèrent de poursuivre la piste et de fondre vers Forochel pour avoir le fin mot de l'histoire.

La chasse continuait...



[HRP crédits
- musique : ?, FAFNER in the azure (Soukyou no Fafner O.S.T.)
- images : SdAO (merci à Aldarus et Liewen)]



Le silence règnait dans la Salle du Feu. Seuls quelques elfes discutaient à voix basse : l'heure n'était pas aux chants et aux contes. La veille Anarwë avait narré ici même l'histoire de Beren et Luthien mais Saelion avait préféré ne pas s'y rendre et laisser la jeune Cynael y aller en compagnie de Shyrel.
L'elfe se releva, délaissant les parchemins qu'ils venaient de finir de rédiger pour s'approcher de la fenêtre. La veille il avait remis à Aragorn l'objet trouvé dans les profondeurs d'une mine naine de Forochel...le Sinda repensa à la course que s'étaient livrés Caravane et Roseau pour retrouver l'artefact avant le Limier. La Caravane avait été la plus rapide, rusant avec la Lossoth associée au Limier pour obtenir des informations et filant vers la mine naine où Arverdui s'était abrité un temps dans sa fuite.

Le Roseau était arrivé quelques temps après, et une polémique s'était engagée sur ce qu'il fallait faire de l'objet enfin récupéré. Après bien des palabres il fut décidé de le rendre aux Rôdeurs puisqu'il avait appartenu au roi d'un peuple dont ils descendaient. Saelion s'était engagé à le faire et aussi à retranscrire l'histoire de cet artefact. Des documents envoyés de l'Etude du Lond Daer par Hríviel avaient permis d'en faire la synthèse. Dès que Cynael se serait réveillée Saelion comptait lui remettre les pachemins pour que la messagère les apporte à ceux qui souhaitaient les recevoir.

Saelion a écrit:

Histoire de la carte au Deuxième Age

En 543 du Deuxième Age nait à Numenor le futur Tar-Meneldur, 3ème fils de Tar-Elendil et seul héritier mâle. En 740 il devient le 5ème roi de Numenor et en 883 il cède le sceptre selon la coutume à son fils Tar-Aldarion, quoique de manière soudaine pour des raisons politiques : Gil-Galad a en effet demandé l'aide de Numenor pour faire face à Sauron en Eriador.
Tar-Meneldur est surnommé Elentirmo (guetteur d'étoiles) à cause de sa passion pour l'astronomie. Il fait ériger une tour d'observation du ciel à Forostar et rassemble toutes les connaissances des Eldar et des Edain au sujet des étoiles.
A partir de toutes ces connaissances il établit une carte détaillée du ciel ainsi qu'un ouvrage cosmogonique. La carte avait cela de particulier qu'elle donnait la position exacte des astres en toute saison et en tout lieu, ce qui en fait à tout point de vue un ouvrage remarquable.

Tar-Meneldur confie la carte à Vëantur, capitaine des Vaisseaux du Roi, qui la garde en son fief d'Andunië lorsqu'il ne l'emmène pas lors de ses longs périples en mer. Elle est laissée à bord de l'Entulessë, un des navires de Vëantur.
La carte par la suite ne retourna pas dans la lignée royale. Il était pourtant imaginable que Vëantur en fasse don à son tour à Aldarion, fils du Roi et autre passionné de navigation. Mais Tar-Meneldur, nourrissant un vif ressentiment vis-à-vis de l'esprit navigateur de son fils, a demandé à ce que la carte ne lui soit pas remise. C'est donc Erendis, la fille de Vëantur et épouse d'Aldarion, qui conserve la carte et la tient cachée, là encore par ressentiment contre la navigation.

Sous le règne de Tar-Ancalimon (1986-2386), quatorzième roi de Numenor (2221-2386) une division s'opère entre les Hommes du Roi, qui renient les langues elfes et veulent braver l'Interdit des Valar, et les Fidèles qui conservent les traditions. Andunië est abandonnée et les Fidèles se regroupent dans les environs de Romenna.
Plus tard, lors du départ de l'armée d'Ar-Pharazon pour Valinor, les rares Fidèles ayant survécu aux persécutions échapent à la Submersion et rejoignent Mithlond. Ils emmènent avec eux plusieurs artefacts et trésors dont l'anneau de Barahir, les Palantiri et la carte de Tar-Meneldur.

En 3320, Elendil fonde les Royaumes en Exil. Les artefacts ramenés de Numenor sont partagés entre l'Arnor et le Gondor, et la carte se retrouve dans le paquetage qui part pour le Sud.


Histoire de la carte au Troisième Age

La carte est oubliée jusqu'à l'émergence de la lignée des Rois Navigateurs qui débute avec Falastur. Les Rois Navigateurs s'en servent en effet pour se repérer en mer et les Corsaires, mis en difficulté, commencent à faire circuler des légendes sur cette carte qui ne quitte jamais le chef de leurs ennemis.

En 933 Eärnil 1er reprend Umbar aux descendants des Hommes du Roi, mais sa flotille est perdue en mer trois ans plus tard lors d'une tempête. La carte cependant ne subit pas ce sort funeste, Eärnil l'ayant remise à son capitaine des navires. Elle se transmet ensuite automatiquement à chaque détenteur du poste.
Umbar reste aux mains du Gondor jusqu'en 1448. Elle devient alors une principauté indépendante tenue par les fils du capitaine des navires Castamir, acteur de la Lutte Fratricide qui l'opposa à l'héritier légitime Eldacar. La carte revient aux fils de Castamir qui l'amènent à Umbar après la perte de Pelargir. Elle est à nouveau déplacée lors de la victire de Telumehtar sur les Corsaires, et rapatriée à Osgilliath.

En 1940 le Gondor et l'Arnor retrouvent leurs anciennes relations et Arvedui, héritier du royaume d'Arthedain, épouse Firiel, fille du roi Ondoher du Gondor. Ce dernier se souvient de la carte qui sommeille en Osgilliath et la joint à la dot de Firiel comme signe d'encouragement dans la lutte contre l'Angmar.
En 1974, le Roi-Sorcier envahit l'Arthedain et prend Fornost. Le roi Arvedui réussit à s'enfuir vers le nord. L'année d'après, Arvedui disparaît dans la baie de Forochel avec deux des palantiri. Eärnur (qui deviendra peu après le dernier roi du Gondor) débarque à Mithlond et défait le roi-sorcier d'Angmar. Le Royaume du Nord cependant est perdu. Aranarth, fils d'Arvedui, assume le titre de chef des Dunedain tandis que les trésors d'Arnor sont confiés à la garde d'Elrond. Les Palantiri et la carte quant à eux sont perdus tandis que la trace d'Arverdui s'estompe dans le brouillard glacé de Forochel...

 
 






[HRP crédits
- musique : Enya, The Memory of Trees]

Dernière modification par Saelion (6/07/2008 16:54)

[HRP remerciements
- Leofulde de l'Ordre d'Arda qui s'est parfaitement intégrée et a accepté au pied levé de tenir le rôle de témoin le dimanche soir.
- les branquignolles du Serment de Carn Achagh, qui en tiennent une sacrée couche !
- le sublime service d'escort girls de la Caravane, sans qui Kelaluvi ne serait jamais arrivée au deuxième village lossoth pour y jouer les PNJ
- et surtout tous ceux qui sont venus participer et se sont pris au jeu de l'ambiance chasse au trésor : Association Breearde, Caravane des Vents, Compagnie du Roseau Blanc, Heren Iaur, Messagers du Lond Daer, Serment de Carn Achagh, Prophétie des Ombres et les clients de l'auberge de Combe !

Et puis...
- Clothild pour, entre autres, cette idée complètement folle d'Association Breearde
- Saile, qui ne tape que quand c'est nécessaire :)
- Eothred pour le Serment, la maquette à venir et la direction de groupe
- Orion pour l'aide et la disponibilité avec tout ce qu'il a déjà à faire
- Shyrel, qui est un vrai bonheur de joueuse
- Phaenan, pour avoir poireauté avec son PNJ et pour toutes les lignes de code qu'elle épluche]

La sagesse suprême est d'avoir des rêves assez grands pour ne pas les perdre du regard tandis qu'on les poursuit.